l'historique.
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       Les Cartes postales. l'historique. Cartoliste.

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    Fin du XIXe siècle: la tuberculose, que l'on considère comme le plus grand ennemi auquel l'humanité doit faire face, fait des ravages dans la population et parmi elle, instituteurs et institutrices paient un lourd tribut et il n'y a pas encore d'institutions particulières pour prendre en charge ces malades (entre 1700 et 1900, près d'un milliard de personnes en moururent) et face aux pouvoirs publics impuissants, la lutte antituberculeuse est laissée à  des initiatives  individuelles  ou à des associations charitables. C'est à un botaniste allemand, le Docteur Hermann BREHMER, que l'on doit "l'invention" des sanatoriums et l'ouverture du premier établissement de ce type, en Allemagne.

    Début du XXe siècle: un inspecteur d'Académie du Pas de Calais, Alfred LEUNE, frappé par les ravages causés par la maladie chez les enseignants du premier degré, a l'idée de créer un sanatorium pour ces instituteurs. Devant l'impossibilité d'obtenir un financement des pouvoirs publics, il lance une souscription nationale auprès des Sociétés de Secours Mutuel d'Instituteurs dont il existe une représentation par département et obtient l'autorisation de l'État pour une loterie de douze cent mille francs. Le site de Sainte-Feyre, au pied du Gaudy, trouvé, proposé et négocié par l'instituteur local de l'époque, est choisi pour sa position centrale dans l'hexagone, en raison de la proximité de la gare de Guéret, où, à l'époque convergent cinq lignes de chemin de fer et pour la qualité de son atmosphère dans une campagne calme reposante et de moyenne altitude.

                               

 
                               
     
            
     
 

    1906: l'inauguration de l'établissement, crée par l'architecte MARNEY et propriété de l'Union Nationale des Sociétés de Secours Mutuel et des Associations Amicales d'Instituteurs et d'Institutrices, a lieu le 7 octobre 1906, à l'invitation d'Alfred LEUNE, président du comité mis en place pour sa construction, en présence du ministre des Affaires Étrangères, Léon BOURGEOIS et de nombreuses personnalités au rang desquelles se trouvent messieurs Rançon, président du Conseil Général de la Seine, Chautard, président du Conseil Municipal de Paris, Buisson, président de la Ligue de l'Enseignement, Bassinet, sénateur de la Seine qui s'est investi personnellement dans la réalisation du projet, Gasquet, directeur de l'Enseignement Primaire, de nombreux inspecteurs de l'Éducation Nationale, le gratin du monde politique creusois, le préfet Petit-Dossaris... M. Léon Bourgeois met un terme à la série de discours et clôt le sien par un hommage appuyé à M. Alfred Leune:

 
    "Vous êtes non seulement le chef, mais le père de cette grande famille enseignante. Et plus tard, en voyant votre nom écrit sur cet établissement, nous vous remercierons de la grande oeuvre que vous avez accomplie. Au nom de tous les instituteurs de France, je vous adresse tous nos remerciements, ainsi qu'à messieurs Bassinet et Marney, auxquels j'aurais bien voulu apporter ici même un témoignage du gouvernement, mais, j'espère qu'avant peu ce sera fait. Ma pensée va au maître d'école français qu'est vraiment monsieur Leune, dont la persévérance a permis de mener à bien cette oeuvre pour le plus grand bien des instituteurs et des institutrices de la République. Je bois à l'exemple pratique donné à l'instituteur dans l'œuvre de solidarité sociale et d'humanité que nous inaugurons aujourd'hui." *  
                                                                      
                                                                   Léon BOURGEOIS (Prix Nobel 1920)     
 
        
     
  L'établissement est mixte. Il comprend 102 chambres individuelles, ce qui est une nouveauté pour l'époque. Il est alors dirigé par un médecin-directeur, le Docteur Claude BERTHELON (° 25 mars 1877 à Lozanne - Rhône)

           le Dct Claude Berthelon          son "CV"      

                                                             

 
     
   
     
                      
     
      En septembre 1913: le Président de la République, Raymond Poincaré, en visite touristique de 7 jours en Limousin, Quercy et Périgord, lors de son étape entre Guéret et Aubusson, fait un détour par le Sanarorium pour le visiter et saluer les malades.  
     
           
     
      Pendant la "Grande-Guerre", entre 1914 et 1918, l'établissement est transformé en hôpital militaire où seront soignés "blessés du poumon" et tuberculeux.

    1919: retour à la vie civile, avec le Docteur Berthelon, démobilisé. Il restera Médecin-directeur jusqu'en 1940. La nouvelle législation de 1919 qui régit les sanatoriums supprime la mixité mais, pour Sainte-Feyre, la disposition des bâtiments permet la séparation des sexes sans problèmes.

 
     
       
     
      1926: la recrudescence de la tuberculose du fait de la Guerre rend obligatoire un agrandissement de l'établissement. Il est de nouveau fait appel à la souscription volontaire et alors, "l'aile-est", en briques apparentes, est construite. Son inauguration a lieu le 13 novembre 1927.  
     
       
     
   

    1930: L'établissement est dénommé "Sanatorium Alfred Leune". C'est également à cette époque que la législation supprime totalement toute possibilité de mixité. L'Union de Secours Mutuel achète alors le Sanarorium de Saint-Jean-d'Aulph en Haute-Savoie (Saint-Jean-d'Aulps depuis 1961) où seront envoyés et hébergés les hommes, tandis que Sainte-Feyre deviendra exclusivement féminin (les deux établissements sont dirigées par le Dct Berthelon).

(il semble qu'après-guerre, le Sanatorium Alexis-Léaud de Saint-Jean-d-Aulps, soit devenu exclusivement féminin)

                                

                                

 

                               

    1939: Introduction de la chirurgie pulmonaire au "sana" de Sainte-Feyre.

    1940: La "Deuxième Guerre Mondiale" et la crainte de bombardements italiens en Savoie fait revenir les hommes en Creuse.

les Maquis s'organisent, la résistance est importante en Creuse et le nouveau Médecin-directeur (1940-1944), le Docteur MARMET, participe activement à cette dernière. Il fait cacher dans l'établissement des médecins juifs, hospitalise des maquisards malades et opère les blessés.

    1944: le Docteur GARNIER succède au Docteur MARMET en tant que Médecin-directeur.

    1946: création de la M.G.E.N. (Mutuelle Générale de l'Éducation Nationale) qui prend en charge les sanatoriums des enseignants.

    1950: Construction d'un pavillon pour le personnel et aménagement de nouvelles chambres qui portent la capacité d'hospitalisation à 250 malades.

    1953: construction de la rotonde qui abrite la salle à manger.

 
     
       
     
      1958: début de la construction d'une nouvelle "aile-ouest" pour abriter le service médical, les services médico-techniques, le service chirurgical avec 10 chambres aménagées spécialement, un auditorium, une bibliothèque et une vaste salle de spectacle. L'ensemble est inauguré en janvier 1964.  
     
       
     
      Septembre 1967: après 40 années d'exercice médical au Sanatorium dont 23 ans de direction, le Docteur Garnier prend sa retraite. 

    Dans les années 60, les progrès en matière de lutte anti-tuberculeuse avec notamment la survenue de toute une série d'antibiotiques efficaces ont fait reculer la maladie et ont permis des traitements plus courts et à domicile. Le "sana" s'est vidé peu à peu de ses "tuberculeux". Ce pose alors le problème de l'avenir de tous les sanatoriums dont celui de Sainte-Feyre. Le bureau national de la M.G.E.N. est très inquiet pour leur doyen de Sainte-Feyre: des difficultés financières dans les dernières années ont amené une négligence certaine dans les travaux d'entretien et le confort des chambres ne correspond plus aux exigences modernes. Devant l'importance des dépenses à envisager, un difficile dilemme se pose aux administrateurs: moderniser ou abandonner et détruire...

    1 septembre 1967: nomination d'un nouveau Médecin-directeur, le Docteur Maurice PETIT à qui est confié la tâche de tenter de résoudre le problème. Il est épaulé par l'intendant Monsieur FERMONT. De toute façon, le Sanatorium" a vécu en tant que tel, il doit être reconverti. Le choix se porte vers les maladies dites "de civilisation": affections respiratoires et maladies cardio-vasculaires tout en conservant une activité chirurgicale thoracique de haut niveau. Le projet est agréé par la M.G.E.N sous la présidence de Denis FORESTIER puis par le Ministère de la Santé et, après presque 60 ans de lutte contre le fléau de la Tuberculose, le "Vieux Sana" devient le "Centre Médico Chirurgical National Alfred Leune". Des travaux d'importance sont entrepris, y compris la rénovation des immenses façades.

    1972: un plan d'eau d'un hectare et demi avec terrain de camping et de caravaning de l'autre côté de la route Sainte-Feyre - les Bains agrémente l'environnement.

 
     
       
     
 

 L'équipe médicale s'enrichit avec, outre le médecin-directeur, trois pneumologues, deux cardiologues et de nombreux internes en médecine souvent étrangers qui porteront le savoir-faire médical creusois dans leurs pays d'origine. Les travaux scientifiques se multiplient, assurant la notoriété de l'établissement autant en France qu'à l'étranger. Création d'un service de rééducation et de réadaptation. C'est à cette époque que sont abandonnés les derniers lits réservés exclusivement à la tuberculose. Le Centre fonctionne à plein régime mais un problème subsiste pour la M.G.E.N.: la proportion, insuffisante à son gré de pensionnaires mutualistes. On pense alors à un complément de reconversion pour y remédier et l'on décide de faire face à un nouveau problème de santé publique apparu au fil des ans: la vieillesse invalidée. Un nouvel agrément est accordé pour la création d'un service de "long-séjour" réservé au seuls ressortissants de la M.G.E.N. Cette nouvelle reconversion impose d'importants travaux avec, en premier lieu, la construction d'un nouveau bâtiment pour accueillir les bénéficiaires d'un "Long Séjour" (45 lits). dans ce même bâtiment sont déplacés tous les services médico-techniques et les bureaux des médecins. L'établissement qui a pris le nom de "Centre Médico National Alfred Leune", présente l'originalité de présenter tous les niveaux d'hospitalisation: court, moyen et long séjour. L'inauguration de la dernière construction a lieu le 28 novembre 1990 par le président de la M.G.E.N Pierre Chevalier.

 
     
               
     
      31 décembre 1990: départ à la retraite du Docteur PETIT. Un changement important va suivre son départ: la M.G.E.N voulant aligner la situation de ses établissements médicaux, qui participent d'ailleurs au Service Public Hospitalier (S.P.H.), sur les établissements publics français d'hospitalisation, confie la direction à des administratifs non médecins. Le Docteur Petit fût le dernier médecin-directeur de l'établissement, il est remplacé par Jacques VEISSE.

    A Jacques VEISSE revient la charge de moderniser à nouveau l'ensemble de la partie hôtelière du Centre ainsi que les chambres qui atteignent un confort digne d'un grand hôtel. Sur le plan médical, après l'abandon de la chirurgie est créé un service modèle de lutte contre le tabagisme.

    René SOULIE succède à Jacques VEISSE appelé à d'autres responsabilités. Il ne restera que quelques années.

    Jean-Maurice DUBOIS devra affronter les difficiles questions de collaboration médicale avec le Centre Hospitalier de Guéret.

    Le dernier directeur de l'établissement, à ce jour, est Patrick COLO arrivé en 2005.

                                             d'après monsieur le Docteur Maurice PETIT.(2005)

                                                                                   * extrait de "le Tambour de la Creuse" d'André Mavigner aux éditions "Lucien Souny".

                                      

 

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